Chalets
Chalets Prunella : un A-Frame durable en Outaouais qui redéfinit l’escapade nature au Québec
Publié le 20 novembre 2025

À un certain moment de leur vie, la plupart des gens aspirent à se détendre et à ralentir le rythme… mais ce n’est pas le cas de ces deux sœurs de Gatineau. Catherine et Nancy Lemay, toutes deux très occupées par leur carrière et leur famille, ont ajouté à leurs occupations la gestion de Chalets Prunella, une entreprise de location de sept chalets, ainsi que le soin à apporter à la forêt de 30 hectares où se trouvent lesdits chalets.
« Depuis des années, Catherine et moi rêvions de créer une entreprise », explique Nancy. « Au cours des deux dernières décennies, nous avons construit et rénové nos propres maisons. Il était donc naturel de nous lancer dans un projet qui correspondait à nos intérêts. »
Leur amour commun pour la rénovation est inscrit dans leurs gènes – leur défunt père, plombier, s’adonnait à l’architecture –, mais leurs parcours professionnels ont pris des chemins différents : Catherine est chimiste et avocate, tandis que Nancy est géographe et bibliothécaire.
Petite mais robuste, la cabane est construite en cèdre blanc local qui prendra une magnifique teinte grise avec le temps. Constructeur : Denis Paquette Construction et Rénovation
Pendant la pandémie, Nancy a déniché par hasard un terrain à Ladysmith, au Québec. Il était dans le Pontiac, en Outaouais – où se trouvent certaines des dernières rivières sauvages du sud du Canada – à une heure seulement de chez elle et de chez sa sœur. Avec ses pins imposants, le site sublime était un autre argument de vente. Le lac Johnson, alimenté par une rivière de source, les sentiers, les ruisseaux, la flore et la faune en feraient un paradis parfait à louer en pleine nature.
Catherine Lemay (à gauche) et sa sœur, Nancy Lemay, dans le chalet. « Nous aurions pu créer un immense terrain de camping ici, mais nous voulions protéger la forêt autant que possible », explique Nancy.
Chalets Prunella tire son nom de la plante vivace violette originaire de la région. « Les Autochtones l’appellent la fleur qui guérit tout en raison de ses propriétés médicinales », explique Nancy, qui a étudié l’herboristerie pendant un an. « Ce nom représente notre objectif ultime : donner aux gens la possibilité de se ressourcer, de renouer avec la forêt et de se libérer du stress et de l’épuisement professionnel. »
Un robinet et des accessoires en laiton antique ajoutent un intérêt visuel à cette cuisine simple, qui comprend un comptoir en quartz et un dosseret, avec des étagères ouvertes au-dessus. Étagères ouvertes, Ikea.
Le design d’inspiration scandinave de la cabane contribue également à la sérénité intérieure de leurs occupants. « Nous voulions que cela ressemble à une cabane, pas à une maison — c’est à dire pas trop moderne, luxueuse ou précieuse, mais tout de même raffinée », explique Catherine. « En 2020, lorsque nous avons acheté la terre, il y avait très peu de sites locatifs comme celui-ci. Il y avait plutôt des pavillons de chasse vieillots et rustiques avec de la vaisselle et des ustensiles dépareillés. »
Pour la construction, Nancy et Catherine ont travaillé avec le cabinet d’architectes Habitations J. Berlinguette, qui a adapté les plans de Den Outdoors pour les rendre conformes au code de construction canadien. Avec un extérieur en cèdre blanc local, la cabane au toit métallique a nécessité trois mois et demi de construction. Son toit en A caractéristique en fait une structure imposante, bien que petite, et les fenêtres du toit offrent une vue panoramique sur la forêt. « Les charpentes en A ont quelque chose de magique en raison de leurs plafonds inclinés, explique Nancy. Je les trouve majestueuses. » La hauteur sous plafond de cette cabane atteint 6 mètres.
Les sœurs ont trouvé cette hotte cylindrique en France. Elle ajoute une touche d’originalité et un contraste saisissant avec les murs blancs. « Trouver une hotte suffisamment petite pour s’adapter à l’espace a été un véritable défi », explique Catherine. Comptoir périphérique, Comptoirs 2000 ; armoires de cuisine, Ikea.
La construction a donné la priorité à la durabilité, du bois d’origine locale à la réalisation minutieuse. « La cabane repose sur des piliers, et il n’y a pas eu beaucoup de terrassement ni d’abattage d’arbres, ce qui était très important pour nous », explique Nancy. « Et même si nous possédons cette immense forêt, nous avons replanté davantage d’arbres autour de la cabane. »
Le mari de Nancy, Martin Chevrier, a construit la table à manger en bouleau. « Nous voulions un style scandinave minimaliste », explique Nancy. La scène semble tout droit sortie de la campagne suédoise, avec son éclairage noir, ses chaises de salle à manger et ses accessoires. Applique murale, Amazon ; bougeoirs, Ikea ; emsemble de table, H&M Home.
La cabane de 375 pieds carrés offre tout le confort moderne : au rez-de-chaussée se trouvent un coin salon avec un canapé, une table à manger pour deux personnes, la salle de bains et une cuisine compacte équipée d’une plaque à induction et d’élégantes étagères ouvertes (les sœurs ont installé la cuisine elles-mêmes en un week-end).
Le canapé est un endroit chaleureux et confortable pour lire. « Comme il s’agit d’une location, nous avions besoin de durabilité », explique Nancy. « Nous avons installé un carrelage de 60 cm sur 120 cm avec un chauffage par radiation au sol. » Canapé, Burrow ; coussin, H&M Home ; plaid, Sackcloth & Ashes ; tapis, Wayfair Canada.
Dans ce loft confortable, une fenêtre triangulaire offre une vue sur la forêt. Les murs inclinés sont recouverts de pin rouge blanchi à la chaux. Coussin décoratif à motifs, H&M Home ; plaid, Amazon.
À l’étage, accessible par une échelle, se trouve une charmante mezzanine. Le chauffage par radiation du plancher du rez-de-chaussée garantit une chaleur maximale, mais les clients peuvent également se blottir près du poêle à bois danois Morsø.
Le lavabo en béton est résistant et design, réchauffé par des accents de laiton antique. Robinet, Wayfair Canada ; lavabo par Voglio, Etsy.
En plus du bain à remous en cèdre, la cabane dispose également d’un foyer. « Ils sont très utilisés pour faire griller des guimauves », dit Catherine en souriant.
À l’extérieur, on trouve un foyer et une terrasse avec un spa en cèdre — quel bonheur de se détendre dehors sous les étoiles. Des canoës et des kayaks sont également mis à la disposition des clients gratuitement.
Pour Nancy et Catherine, la construction a été une expérience tellement immersive et passionnante qu’elles ont toutes deux obtenu leur licence d’entrepreneur général au Québec. Il y a sept chalets au total, d’une superficie allant de 375 à 750 pieds carrés, tous équipés de bains à remous et de foyers, et elles ont elles-mêmes géré la construction des trois derniers chalets.
Chalets Prunella est une véritable entreprise familiale : les sœurs ont chacune trois adolescents et des maris habiles du marteau. Les maris ont construit les bains à remous en cèdre et les terrasses, tandis que les enfants ont aidé à nettoyer le site pour la construction. Lorsque les hommes ne bricolent pas dans leur garage, Martin Chevrier, le conjoint de Nancy, travaille comme chef de projet, tandis que celui de Catherine, Robert Guay, est un avocat spécialisé en propriété intellectuelle à la retraite.
Pour le prochain chapitre de l’entreprise, ils mettent tous le cœur à l’ouvrage. « Beaucoup de gens se fiancent ici », explique Catherine. « Nous avons construit un lieu sur notre propriété que nous louons pour des micro-mariages. Les sept chalets peuvent être loués pour accueillir les invités et les couples peuvent se marier sur la propriété. » À l’avenir, les sœurs pourraient même subdiviser le terrain afin que les gens puissent acheter une parcelle, puis construire leur propre maison abordable, « à la manière de Prunella ».
Brooke Stephenson
House & Home, Décembre 2025
Nancy Lemay