entrevue avec Nicole Riopel, copropriétaire de la boutique Un dimanche à la campagne

Rencontre avec Nicole Riopel, copropriétaire de la boutique Un dimanche à la campagne

entrevue avec Nicole Riopel, copropriétaire de la boutique Un dimanche à la campagne

Corinne Cécilia : Il y a environ 12 ans que vous avez ouvert votre boutique… Qu’est-ce qui vous avait inspiré son nom à l’époque ?

Nicole Riopel : En fait, nous venions de nous installer à la campagne et, en même temps, nous faisions le constat qu’il y avait dans la région des boutiques « country à l’américaine », mais rien de raffiné à l’européenne comme ce que nous aimions. L’idée de la boutique est donc apparue, et c’est en feuilletant un magazine européen que nous sommes tombés sur un article portant le titre « Un dimanche à la campagne ». Nous venions de trouver le nom de la boutique. Nous aimions son côté évocateur, qui faisait en outre référence au film de Bertrand Tavernier, qui a connu un très beau succès auprès des Québécois.

entrevue avec Nicole Riopel, copropriétaire de la boutique Un dimanche à la campagne

CC : Aviez-vous imaginé une telle longévité, quand vous vous êtes lancés ? Et quels ont été les plus grands défis pour établir votre enseigne dans la durée ?

NR : Lorsqu’on se lance en affaires, on ne pense jamais à la longévité. On fonce la tête la première, aveuglé par la passion. En tout cas, nous, ç’a été notre moteur. Nous savions qu’il y avait un marché. Le principal défi était le marketing : créer une destination. Non seulement faire en sorte que les gens des alentours et de la Montérégie nous fréquentent, mais amener aussi les gens de la ville à nous découvrir. L’autre défi était de vendre des importations « exclusives », donc des articles dont les prix peuvent parfois être plus élevés que ceux des boutiques qu’on trouve ailleurs au Québec, mais qui se distinguent réellement par leur design.

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CC : Avec le recul, quelles grandes leçons tirez-vous de cette expérience ?

NR : On a appris que le succès n’est jamais acquis ; qu’il faut sans cesse déployer des efforts, autant pour surprendre nos clients que pour nous faire connaître. Mais surtout, il faut rester nous-mêmes tout en renouvelant l’expérience de la boutique jour après jour, et ce, malgré les soubresauts inévitables du contexte économique.

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CC : J’imagine que votre clientèle est variée et qu’elle a évolué au fil du temps… Y a-t-il cependant quelque chose qui la caractérise ? Vos clients viennent-ils vous voir de partout au Québec, mais aussi de l’Ontario ou des États-Unis ?

NR : Notre clientèle a beaucoup évolué depuis l’ouverture. Nous sommes partis d’un marché plutôt local pour toucher aujourd’hui une clientèle beaucoup plus large. Avec l’avènement des réseaux sociaux, nous rayonnons maintenant partout au Québec. Par ailleurs, nous sommes maintenant à peu près les seuls au Québec dans le créneau « décor chic européen ». Alors, toute clientèle à la recherche de cette expérience est heureuse de nous découvrir. Quant aux « touristes » américains ou canadiens qui nous visitent, ils reviennent souvent année après année. Et nous sommes toujours heureux de les revoir et de les reconnaître.

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CC :  Et vous-mêmes, est-ce que vous voyagez beaucoup pour dénicher de nouvelles sources de produits uniques ? Quels sont vos destinations et vos salons préférés ?

NR : Nous voyageons le plus souvent possible. Même dans nos voyages de loisir en Europe, nous sommes incapables de résister à l’idée de découvrir de nouvelles marques et de rencontrer des entrepreneurs. C’est très stimulant de voir ce qui se passe ailleurs. Et puis visiter des commerces, c’est souvent comme une visite au musée. Le design de l’endroit, la façon de mettre en marché la marchandise, tout éveille le plaisir de transposer ces expériences chez nous. Bien sûr, notre boutique a une superficie modeste, mais notre imagination, une fois stimulée, n’a pas de frontières.

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CC :  J’imagine qu’avec la boutique, vous savez ce que les gens recherchent… Quelles seront, selon vous, les grandes tendances en décoration intérieure et en design en 2018 ?

NR : Les tendances, bien sûr, nous intéressent toujours. Mais si elles sont un guide pour plusieurs, nous les abordons toujours avec modération. Un peu comme Coco Chanel, nous croyons que les modes passent, mais que le style, lui, reste. C’est pour cette raison que, d’une saison à l’autre, nos collections traduisent les trois mots suivants : INTEMPOREL, ÉMOTION et ÉLÉGANCE. Et ce qui fait souvent notre succès, c’est notre capacité à agencer des styles. Nous sommes amateurs de « disruption ». C’est-à-dire que nous aimons bien briser les conventions et surprendre. C’est ce qui nous permet de créer des décors personnalisés.

Mais si on parle spécifiquement des tendances 2018, mentionnons qu’on ne pourra éviter le style épuré scandinave, même s’il perd un peu de terrain au profit de la chaleur de l’Amérique latine et de l’Art déco. D’ailleurs, le créateur de l’année au salon Maison & Objet Paris est la designer danoise Cecilie Manz. Les fibres telles que le lin et le velours, le cannage et les matériaux nobles, comme le bois, le marbre et le cuir, sont très présents. Quant aux couleurs, le beige, le gris chaud/neutre et l’écru sont en quelque sorte le nouveau blanc. Il y a toujours des teintes plus fortes qui ressortent, comme le rouge sombre, tel que le bordeaux, dans toutes ses déclinaisons, le vert, le jaune moutarde et même le rose, mais nous utilisons ces couleurs uniquement pour apporter un accent au décor, jamais comme point de départ. Le laiton a toujours la cote et il peut même s’adoucir avec une légère teinte rosée.

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Visitez le site web d’Un dimanche à la campagne pour en savoir plus ou, mieux encore, passez à la boutique située au 45, rue Messier à Mont-Saint-Hilaire (Québec).

 

Crédits

Photos fournies par Un Dimanche à la campagne (1: Portrait de Nicole Riopel et Yves Poirier)/Éloquence (2, 3)/Lene Bjerre (4, 5a, 5b)/Originals BTC (6)/(Loloi 7)