DESIGN : entrevue avec Lukas Peet par Claudia Guerra

DESIGN : Lukas Peet, talent émergent à découvrir

Lisez l’entrevue de notre édimestre Claudia Guerra.

Diplômé de la prestigieuse école Design Academy Eindhoven aux Pays-Bas et cofondateur du studio ANDlight, Lukas Peet est un talent à suivre, selon Maison & Objets Americas (il a été nommé Talents à la carte l’an dernier) et Index-Design, qui l’a récemment invité pour une classe de maître. En effet, le jeune designer de produits, basé à Vancouver, s’est rapidement démarqué grâce à ses luminaires créatifs et uniques.

Design : Lukas Peet, entrevue par Claudia Guerra

Qu’est-ce qu’un bon luminaire, selon toi ?
C’est bien évidemment un objet qui éclaire adéquatement, mais qui change l’espace également, et qui est fonctionnel. Dans toutes mes créations, en particulier pour mes lampes et mes suspensions, j’essaie d’incorporer une autre caractéristique à l’objet, que ce soit une façon intéressante de le suspendre ou encore une autre fonction. Les suspensions SLAB par exemple sont longues et minces, et sont recouvertes de laine ou de liège. Je voulais créer un luminaire qui fournit un vaste éclairage, qui s’impose dans l’espace et qui crée un contraste, mais qui a une fonction supplémentaire, soit d’améliorer l’acoustique. Les luminaires absorbent le son.

Design : Lukas Peet, entrevue par Claudia Guerra

Suspensions SLAB, produites par ANDlight

Tu sembles avoir un intérêt marqué pour l’éclairage. Qu’est-ce qui t’attire précisément ?
En fait, j’en ai jamais dessiné pendant mes quatre années d’université et même avant. C’est lors de mon retour que j’ai commencé à développer des idées, lorsque je me suis installé dans le studio de mon père. Je crois que deux choses expliquent mon attention. D’abord, mon père est joailler. La joaillerie a un aspect très fonctionnel, mais en même temps, elle n’a aucune fonction, bien qu’elle symbolise tellement de choses. Le créateur est complètement libre de concevoir ce qu’il veut, parce que justement un bijou n’a d’autre fonction que d’être porté autour du doigt, du cou… c’est en somme très basique. L’éclairage, c’est un peu ça, mais pour l’espace. On n’a pas nécessairement d’interaction avec l’objet, il est simplement là.

Design : Lukas Peet, entrevue par Claudia Guerra

Luminaires Rudi, pour Roll & Hill

Et quelle serait la deuxième explication ?
J’ai grandi dans les montagnes en Alberta. Dans les vallées, c’est toujours très sombre, alors on est très sensible à la lumière et à l’espace !

Tes influences proviennent de ce qui t’entoure plutôt que d’ailleurs ?
Je pense que oui. J’ai toujours été entouré de la nature et je pense que ça m’a permis de développer une certaine sensibilité. En Europe, c’est tout le contraire. On est entouré d’histoire et on est très près des autres villes. Mes fondations sont au Canada et je les ai utilisées pour mes études aux Pays-Bas.

Justement, en parlant de tes études aux Pays-Bas, quelle est la principale leçon que tu as retenue ?
Très tôt, il nous a fallu nous questionner sur notre identité et tirer du bon même dans les mauvaises expériences. Il m’a fallu établir 10 affirmations pour illustrer mon identité, qui sont devenues mes règles sur la façon d’agir et d’approcher un projet en tant que designer.

Design : Lukas Peet, entrevue par Claudia Guerra

Lampe sur table Specular

Comment décris-tu ton esthétique ?
Elle est d’abord fonctionnelle, amusante, et ensuite unique ou nouvelle, je l’espère du moins. Ce que j’aime du design c’est que chaque jour est différent. C’est vraiment personnel, mais je dois dire que je ne suis pas fan quand quelqu’un copie le design d’un autre ou qu’une création s’apparente à une autre, car on a l’occasion de faire quelque chose d’unique. Pour moi, le seul fait d’utiliser le travail d’un autre, même en partie, fait en sorte qu’on ne profite pas de la chance qu’offre le design. Il y a tellement de choses qui existent déjà, on n’a pas besoin de doublons.

Dans un autre ordre d’idées, penses-tu que le design d’ici a un style qui le distingue ?
Je ne crois pas… Je veux dire oui, il pourrait en avoir un. On peut utiliser du bois, de la fourrure ou d’autres matériaux faciles et typiques, mais je pense que le pays est trop jeune et grand en superficie. La diversité d’un bout à l’autre est telle, et en plus avec Internet et la connectivité, il est presque impossible d’avoir un style unique dans une ville ou dans un pays. Tout le monde s’influence mutuellement ! Ici, le style est jeune et diversifié. Chacun a ses idées et s’inspire de ses propres sources.

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Auteur:
Claudia Guerra
Photographe:
Courtoisie de Lukas/Peet Design
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